Le lac

Le temps avait été clément, elle se souvenait. Douceur de la saison qui décline, des oiseaux qui s’en vont, des derniers beaux jours avant le Grand Froid. Le profil des montagnes était si parfait. Si net dans le ciel bleu, des lignes blanches scarifient l’azur, l’aéroport est proche, le voyage, loin. La clémence qui s’empare des gens lorsqu’il fait beau est irréelle. Le café est meilleur, il enrobe telle une grande couverture chaude, un câlin de macchiato, vous savez. Un vrai délice.

Les oiseaux crient au-dessus du lac. Les bruits de la ville qui palpite, le soleil qui pense déjà à s’en aller. Nikita a sorti ses bottes noires. Trop tôt, peut-être. Une grande cape de laine jetée sur ses épaules, attendrie par le lent spectacle des amoureux en automne, elle dégage ses longs cheveux bruns de sa grosse écharpe douce. Les boucles se répandent sur ses clavicules en une cascade, viennent jouer avec le soleil chatoyant. Dossier dans une main, café à l’emporter dans l’autre.

– C’est si doux, vous savez.

L’or jaune n’a cette couleur qu’en octobre. Peut-être que ça n’arrive jamais autrement. Peut-être même qu’en hiver, le bracelet aura l’air plus froid, gris, tonique, puissant. Pour l’heure, les voiliers s’agitent encore. Les arbres sont orange et se déshabillent lentement. Mouvements sensuels. Les feuilles tombent.

L’automne.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s