Bronzé

À mi-chemin entre une réunion de mescaliniens et un salon littéraire du XVIIe, la piscine. La chaleur écrase mais elle est agréable, si agréable, forte. Des bouteilles en verre sont disposées à côté des chaises longues, de l’eau tiède, avec du romarin qui trempe, de la menthe, du jus de citron. Nikita a relevé ses cheveux devenus longs en un grand chignon de danseuse, dont rien ne dépasse. Corps fin, musclé, brun de l’été; son sorbet à la fraise est en train de fondre dans un gobelet.

Ils sont tous là, ils jouent aux junkies d’Hollywood, à moitié seulement, à moitié saouls et à moitié intelligents, sur la pelouse de la résidence. Leurs fesses doivent être toutes blanches de l’hiver; le monde rirait bien d’eux s’il voyait cette décadence.

Nikita a ce sourire goguenard, elle les observe se pousser dans l’eau, perfections de corps. Le soleil leur fracasse la tête.

Bientôt l’heure de rigoler sera finie.

Elle, ça la fait rire, ces bêtises. Elle transpire un peu. Il faut savoir se montrer parfois, dire qu’on existe toujours, le dire à ces pauvres greluches qu’elle aime quand même bien, elles font partie du même monde, léché mais à la fois si harsh, comme ils le disent.

Un peu de péché de temps en temps, ça n’a jamais trahi personne.

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