La barre de chocolat

L’eau sale gicle partout et un rire cristallin résonne, ricoche contre les pavés. Les bottes fuchsia et le ciré de la même couleur sont détrempés.

Il pleut.

Les marchands semblent congelés, vraiment, ils se regardent avec un air déprimé, boivent du thé. Grâce rit. L’eau est secouée d’ondes une nouvelle fois.

– Grâce, maintenant tu arrêtes…

Nikita ne peut s’empêcher de sourire. Son bouquet de pivoines est gorgé d’eau, et à force de gâter sa fille, elle n’a rien acheté. Grâce se tourne, yeux brillants, boucles humides, du chocolat tartiné sur ses joues rebondies, roses de fraîcheur printanière.

C’est déjà le mois de juin.

Et une limace dans la main.

Cette fois on se fâche ça ne va plus, laisse-la la pauvre bête elle ne t’a rien fait, laisse-la tranquille repose-la délicatement.

La limace s’en va mais Grâce rit encore, Maman encore un petit pain s’il te plaît, elles vont bientôt dîner, elle n’aura plus faim.

La pluie semble s’arrêter et Nikita consulte son téléphone. Londres, 10h34. Que fait-il?

Une photo en format carré.

« Tu nous manques, tu manques à ta fille. »

Un sourire, des bottes et une limace.

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