Le magazine

Vert émeraude et bronze. Les bulles remontent à la surface de manière parfaitement verticale, rondes, élégantes.

Le salon est prêt.

Nikita pianote tranquillement sur son BlackBerry, avec la désinvolture impressionnante de l’habituée qui n’a presque pas peur de la personne à qui l’autre fauteuil du nom d’un roi sera consacré. L’ambiance feutrée l’aide à se détendre, le mobilier ancien la conforte, la San Pellegrino la revigore. Une discrète musique floute le calme, agrémenté des glaçons tintant dans les verres, de la machine à café broyant les grains, d’une conversation ibérique entre deux vieux hommes aux costumes trois pièces.

Une sombre Mercedes passe devant le Beau Rivage, et Nikita comprend que c’est à elle de jouer. Elle lâche son téléphone dans son sac, en sort un carnet et un stylo argenté. Le temps de passer sa main dans ses cheveux, et son interlocutrice arrive magistralement, bousculant tous les égos agonisant sur son passage.

– Madame Scoposse, longtemps que vous ne m’avez pas valu le plaisir.

Nikita dévoile ses dents blanches. Son sourire oscille entre le mépris du métier et le respect qu’elle éprouve et se doit d’éprouver pour la vieille femme à l’arrivée triomphale.

La sorcière est de retour.

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